18 Juillet 2010 : Etape du Tour MondovéloRetour sur la journée de dimanche entre Pau et le Tourmalet. Rdv à Pau à 6h00 avec Mathieu et Gérald sur le parking de leur hôtel pour récupérer les vêtements pour "l'après étape". On part tous les 5 (Robin, Mathieu, François, Gérald et moi) vers le lieu de départ puis chacun va dans son sas dans le centre ville de Pau. En fait, on doit être un de plus du VCA (Mathieu Bretaud) mais il se débrouille tout seul. 7h, le départ est donné, je pars tout de suite puisque j'ai le dossard 139. Ensuite, par ordre, François a le 493, Gérald le 4607, Mathieu le 6196 et Robin le 9248... Avec ça, Robin n'est pas sorti de Pau... A peine sorti de Pau, François me passe. Au bout d'une heure, 34km de fait. Reste encore 150km... Ensuite, arrive le 1er col de la journée, Marie Blanque. Au début, impeccable, bon bitume, les jambes tournent. Ensuite, c'est la que ça se corse...dans les 4 derniers km, le braquet est trop gros ! Les jambes ont du mal à tourner. A 1km du sommet, Gérald me passe. Lui, il va bien, frais comme un gardon !
Le sommet arrive, ouf ! La descente est la bienvenue. La, c'est l'attaque. Le pied. Bon, faut se calmer et ne pas prendre de risques inutiles.
Tiens, mais c'est Mathieu Bretaud qui me rattrape. « Salut Mathieu !». Normalement, au km 95 (à Asson), Clémentine doit être la pour nous prendre en photo. Je la cherche dans la foule, pas vue.
Maintenant, on se dirige vers le col du Soulor. J'éprouve plus de difficultés à suivre les groupes, bizarre. 1er arrêt pour ravitailler à Ferrières. Des oranges ! humm, c'est bon... A la sortie de Ferrières, c'est le début de l'ascension des 12km vers le Soulor.
A mi pente, Mathieu me double : "Robin était avec moi en bas du col, mais il temporise un peu". Ah, moi je ne "temporise" pas, mais le résultat est le même, je sens que la fin va être dure.
Effectivement, un peu plus tard, à 2km maxi du sommet, j'aperçois Robin à 100m derrière. Il ne tarde pas à me déposer, je suis maintenant le dernier du VCA ! Sommet du col, ravitaillement en eau et début de crampes ! M...e, ça commence ! La descente se fait apprécier, on remet la chasuble. ça descend bien dans le coin, franchement, ça vaut le cout de monter rien que pour redescendre ! Ici, c'est du pilotage ! On a vraiment l'impression d'être en course, certains descendent comme des fers à repasser ! Argelès Gazost, nouvel arrêt pour ravitailler. Des gels stop crampes ! Beurk, dégueulasse ces produits Fenioux, en plus, ça colle vraiment trop aux doigts ! Bon, si c'est efficace ! aller, faut repartir vers le dessert... le Tourmalet ! mais reste encore 20 bornes avant d'arriver à Barèges. Je n'avance plus, les crampes m'arrêtent
sur des portions qui ne montent même pas ! Bref, c'est mal barré mon affaire. Il faut se rendre à l'évidence, ça va être très compliqué. En fait, à bien y penser, pendant chaque étape du tour, j'ai du passer par cet état de doute, ça va pas être possible de rallier l'arrivée ! Un petit arrêt pour se manger une banane et attendre que ces maudites crampes s'en aillent, bon , on y va à nouveau. En fait, cette portion monte tout le temps jusqu’à Luz ! pas beaucoup certes, mais quand même toujours en prise ! Tiens, un panneau "Col du Tourmalet, OUVERT". Manquerait plus qu'il soit fermé celui la... Vache, ça commence à monter dur, tout à gauche maintenant, 8 à 9km/h, bientôt Barèges. Sortie de Barèges, on dirait une rampe de lancement vers le tourmalet, du genre le bourg du cellier mais qui n'en fini pas ! Faut se mettre des objectifs en tête, j'ai lu ça dans des revues. Bon, au km 170, je m'arrête un peu. Non, faut que je m'arrête avant pour laver mes bidons car c'est plus possible de les sortir. Ils sont collés ! si en plus c'est la galère pour boire ! Heureusement, ici, il y a des petites cascades partout. Aller, stop ! Tant qu'à faire, je mets les pieds dans la cascade, ça va refroidir le bonhomme ! Plus personne n'avance maintenant, on se traine... Km 170, c'était mon objectif, je m'arrête 1mn pour manger. Km 174, ravitaillement en eau. Je suis mort ! Les panneaux indiquent encore 10 bornes... Et paf, les 2 jambes bloquées par les crampes, je vide mes poches, j'ai plus de gel stop crampes ! Il ne me reste plus que le petit échantillon que Gérald m'a filé ce matin avant le départ, pour stimuler les jambes. ça sent le synthol. Aller, faut se masser avec ça ! bon, en selle, faut avancer, pas le choix, Clémentine nous attend de l'autre coté du col, à Sainte Marie de campan. A peine donné un coup de pédale, v'la les 2 jambes verrouillées à nouveau ! Fait c...r, faut que ça passe, pas le choix. La haut, tout la haut, on aperçoit le col. Bizarrement, progressivement, j'ai l'impression d'aller mieux, je me mets maintenant à doubler.
Je suis condamné à rester assis sans changer de position. Nous y voila au km 180, arrêt et massage avec le produit miracle (merci Gérald), ça fait pas tout mais un peu moins mal, c'est déjà ça. Plus que 4 bornes. J'entends un gars qui vient de dire qu'il y a une portion bientôt qui monte moins, ça réconforte une nouvelle comme ça ! Il y a de plus en plus de monde sur le coté de la route. Sommet 1km, ouah ! j'avais un doute sur ce qui était marqué sur le panneau, 2km, ça m'aurait achevé. C'est le dernier km, la flamme rouge, non, je ne vais pas faire le sprint, vous rigolez ! ça monte vraiment très fort maintenant, un petit cout de danseuse, et aie ! les crampes. J'ai les 2 guiboles complètement tétanisées en même temps, c'est l'arrêt net, je vais me vautrer, aie aie ! heureusement, je suis secouru par 2 personnes qui m'empêchent de tomber. Je ne sais plus comment me tenir ! Oh la la, à 300m du sommet... P....n, trop mal, je ne contrôle plus mes jambes, qui a la télécommande ? Oui, ça va aller, si, si, je vais finir, ça va passer, merci. Ils me poussent pour repartir, vraiment sympa les gens ! ça y est, bip bip, 8h47 au panneau, trop dur cette étape.
Philippe
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Faut se calmer. Au km 180, je m'arrêterai (toujours avoir un objectif !). Plus ça va, plus il est difficile de se mettre en danseuse sans éveiller une attaque de crampes.











